Éditorial et sommaire du numéro 3 :
« 24 heures dans l’œuvre de Michel  Journiac »

Actes des journées d’étude internationales
au Mucem (Marseille)

Ce troisième numéro de la revue Turbulences, intitulé « 24 HEURES DANS L’ŒUVRE DE MICHEL JOURNIAC », prolonge à l’écran, en texte et en image, les deux journées d’étude internationales qui se sont tenues les 25 et 26 mai 2023 au Mucem (Marseille). Depuis ses deux actions fondatrices de l’Art corporel et de l’Art sociologique en France, Messe pour un corps et La Lessive en 1969, jusqu’à son dernier Rituel de transmutation (1993-1995), Michel Journiac n’a eu de cesse de redéfinir les questionnements artistiques essentiels de son temps. Longtemps reléguée aux marges des institutions, son œuvre suscite depuis plusieurs années un intérêt renouvelé, notamment chez celles et ceux qui y voient une des expressions pionnières d’un art « queer ». L’enjeu de ces journées d’étude, comme de cette publication en ligne, est d’interroger en acte cette œuvre historique, toujours en débat dans l’art le plus actuel, et d’en proposer une approche critique, inédite et plurielle.

Pour citer cet article : Vincent Bonnet, Vincent Labaume et Armance Léger, « Éditorial et sommaire du numéro 3 : 24 HEURES DANS L’ŒUVRE DE MICHEL JOURNIAC », publié le 22 avril 2026, Revue Turbulences #03 | 2026, en ligne, URL : https://turbulences-revue.univ-amu.fr/03-revue-turbulences-editorial-sommaire-numero-3, dernière consultation le 26 avril 2026.

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24 heures de la vie d'une femme ordinaire, La Bourgeoise au musée, « 20 ans après », 1994, archives Michel Journiac, courtesy Galerie Christophe Gaillard © ADAGP Michel Journiac

Une trentaine d’années après sa mort, l’œuvre de Michel Journiac (1935-1995), reléguée de son vivant aux marges des institutions, est aujourd’hui parmi les plus regardées, étudiées, voire revendiquées par les jeunes générations artistiques.

Œuvre radicale et critique, constituée en « ruptures » successives avec les formules dominantes de son temps (de la peinture dite moderne jusqu’à l’art dit conceptuel), elle a tenté de renouveler, en les redéfinissant, le rôle et la nécessité de l’art dans la société comme dans la vie intime. Pionnière, elle a contribué à la fondation de deux mouvements artistiques notables des années 1960-1970 : l’Art corporel (ou Body Art) et l’Art sociologique (Sociological Art). Mais fondamentalement libre et joueuse, parodique et subversive, l’œuvre de Michel Journiac ne peut se réduire  à l’expression de l’un ou l’autre de ces mouvements et résiste aux cloisonnements historiques dans lesquels on chercherait à la cantonner.

Bien que certaines de ses propositions aient accédé à la reconnaissance d’œuvres historiques de l’art du vingtième siècle : Messe pour un corps (1969 / 1975), Hommage à Freud (1972), Contrat pour un corps (1972) ou encore 24 heures dans la vie d’une femme ordinaire (1974), une grande part de l’œuvre de Michel Journiac reste encore largement méconnue, tant dans le mouvement d’ensemble qui l’anime que dans la diversité de ses formes manifestes, qui investissent autant l’image photographique que l’installation sculpturale, l’objet que l’action ou le rituel, l’enquête ou le fétiche, l’affiche ou l’icône.

De sa première exposition, après l’abandon de la peinture, en octobre 1968, Parcours-Piège du Sang à sa dernière œuvre, Rituel de transmutation, qui l’occupa de 1993 à sa mort, Journiac n’a eu de cesse d’interroger (un mot d’époque qu’il fit sien d’une manière plus plastiquement incisive qu’aucun) toutes les représentations mythologiques de notre société : la famille, l’identité, le genre, le désir, l’exclusion, l’argent, l’objet, la religion, le sacré, l’État, l’art et la mort.

À cette œuvre dont les questionnements anthropologiques entrent en profonde résonance avec les interrogations d’aujourd’hui, il nous avait paru en 2023 nécessaire  de dédier « 24 heures » de la recherche artistique et scientifique, pour détourner le titre de l’une de ses œuvres les plus connues, dont l’intention « parodique » n’était évidemment pas absente. Après ces journées d’étude internationales qui s’étaient tenues au Mucem à Marseille, qui avaient réuni des chercheuses et des chercheurs de multiples horizons disciplinaires, générationnels et même géographiques, cette publication en ligne prolonge et constitue les actes de cette expérience collective.

Vincent Bonnet, Vincent Labaume, Armance Léger

Sommaire

Éditorial
Vincent Bonnet, Vincent Labaume, Armance Léger

« Un souci constant de vérité » Dans l’atelier de l’artiste : dialogue entre Armance Léger et Jacques Miège. Mucem, Marseille, 25 mai 2023
Armance Léger et Jacque Miège

« Mourir, puis renaître » Michel Journiac, politique minoritaire et histoire de l’art
Antoine Idier

Do eat ! Michel Journiac, l’artiste consommé
Vincent Labaume

Transgression de genre et de sexualité dans l’œuvre de Michel Journiac
Quentin Petit dit Duhal

Michel Journiac et Gina Pane : l’émulsion hémoglobine
Camille Paulhan

Wit(h)nessing aids: Finitude, mourning, and trans-subjectivity in Michel Journiac
Julián Daniel Gutiérrez Albilla

Icônes du temps présent de Michel Journiac : Autopsie d’une exposition
Vincent Bonnet

Michel Journiac, Robert Morris: conceptual art and a gay baroque?
Sarah Wilson

Coproduction

Ce numéro spécial est coproduit avec le Centre d’Études des Arts Contemporains (CEAC, ULR 3587, Université de Lille) et la Galerie Christophe Gaillard.

Logos de la Galerie Christophe Gaillard et du Centre d'Étude des Arts Contemporains

 

Remerciements

Nous remercions chaleureusement Jacques Miège, légataire universel de l’œuvre de Michel Journiac, ainsi qu’Hélia Paukner, conservatrice du patrimoine – art contemporain au Mucem, avec qui nous avons organisé les deux journées d’étude internationales.

Nos remerciements vont aussi à Aude   Fanlo et Anne   Faure du Mucemlab, ainsi qu’à Fabien   Faure et Anna   Guilló du LESA, à Christophe Gaillard ainsi qu’à tous les intervenant•es des deux journées d’étude — Julián Daniel Gutiérrez Albilla, Vincent Bonnet, Françoise Docquiert, Sophie Duplaix, Antoine Idier, Vincent Labaume, Armance Léger, Florent Molle, Hélia Paukner, Camille Paulhan, Quentin Petit Dit Duhal, Damien Sausset, Sarah Wilson — et de la soirée artistique « Oursins dans le caviar » au Centre International de Poésie Marseille (cipM) — Michaël Batalla, Aron Barbier et Lionel Soukaz.

Nos pensées à Lionel Soukaz et à ses proches.

Le programme complet de ces deux journées d’étude internationales

La soirée artistique et culturelle au cipM